RETOUR DE CANNES

Avant-Première / Évènement / Rencontre

6 avant-premières
et 2 rencontres avec Raphaëlle Pireyre, critique de cinéma (Cahiers du cinéma, Bref, Trois couleurs et Images documentaires) et intervenante pour les dispositifs d’éducation à l’image.

Pour cette nouvelle édition, le GNCR propose de montrer, dans vos salles, des films repérés lors du festival de Cannes 2026.
Le Retour de Cannes comprend 12 films issus de chacune des sélections cannoises : la Sélection Officielle dans son ensemble, mais aussi la Quinzaine des cinéastes, la Semaine de la Critique et l’ACID Cannes.
Le Méliès à choisi les 6 films suivants :

Ven. 18 sept 20h15 : Notre salut
Emmanuel Marre
France, Belgique – 2026 – 2h33 – avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit

Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle… Avec une liberté de ton audacieuse, ce film politique ne ressemble pas à un film historique ordinaire. En décrivant les petits actes, des dérapages du quotidien, les failles et les faiblesses humaines, le réalisateur filme l’horreur en devenir. « Un film d’auteur courageux, inventif, jubilatoire et accessible à tous. À l’heure où les fondamentaux vacillent et où les valeurs s’inversent, il nous semble éminemment pertinent et nécessaire de défendre dans nos salles, auprès de nos publics, un tel geste cinématographique et politique ». Les membres du Jury des Prix des Cinémas Art et Essai 2026 : Corinne Honliasso, Maëlig Cozic-Sova, Jean-Marc Delacruz, Chloé Guilhem et William Robin.

 

Sam. 19 sept 18h15 : Les Roches Rouges
Bruno Dumont
Portugal, France, Italie, Espagne, Qatar – 2026 – 1h30 – avec Kaylon Lancel, Kelsie Verdeilles, Louise Podolski

Sur la Côte d’Azur, deux bandes d’enfants s’affrontent à leur jeu favori : sauter des rochers rouges de la Méditerranée. Géo, 5 ans à peine, découvre le temps d’un été un monde où l’amitié se mêle à la rivalité, et où les premiers élans du cœur deviennent source de tensions. Ils sont petits ces enfants, trop petits pour être libres et livrés à eux-mêmes, pour conduire des quads sans casque, pour former des gangs. Oui mais voilà Bruno Dumont ose les mettre en scène dans une curieuse aventure estivale. Ici, c’est la liberté et l’innocence qui dirigent les choix de l’iconoclaste cinéaste français (l’HUMANITÉ, HORS SATAN, MA LOUTE…). On y évoque, à travers le prisme de l’enfance, la naissance de l’amour et de la violence. Le cadre, les paysages, l’incroyable luminosité forment un décor unique dans ces petites scènes où la fragilité des personnages emporte tout sur son passage. Un retour aux sources revigorant où les enfants sont rois !

 

Dim. 20 sept 16h30 : Everytime
Sandra Wollner
Autriche, Allemagne – 2026 – 2h04 – vostf – avec Birgit Minichmayr, Tristan López, Lotte Shirin Keiling

Jessie est une adolescente pleine de vie. Son seul problème est qu’elle partage sa chambre avec sa petite sœur. Ella, leur mère, est débordée mais attentive. Quand l’une des trois disparaît, toute la famille est bouleversée et cherche un coupable. Ella décide alors d’un voyage vers le Sud. Sous les rayons du soleil de Ténérife, passé et présent se mêlent peu à peu. Ce troisième long-métrage de l’Autrichienne Sandra Wollner, évoque le deuil avec des partis pris pour le moins surprenants. Avec calme et retenue, on suit le parcours d’une mère et tout le processus de la mémoire dans un voyage mental et psychologique. La mise en scène nous perd volontairement entre le passé et le présent et les différents supports visuels s’invitent dans le récit : jeux vidéos, téléphone portable, drones. Il en résulte un film à la beauté formelle indéniable. Mystérieux, hypnotique, le film s’offre même une incursion vers la science-fiction.
Séance présentée et commentée par Raphaëlle Pireyre, critique de
cinéma (Cahiers du cinéma, Bref, Trois couleurs et Images documentaires) et intervenante pour les dispositifs d’éducation à l’image.

 

Dim. 20 sept 20h30 : Coeur secret
Tom Fontenille
France – 2026 – 1h28 – documentaire

En l’espace de 4 ans, Lilou est sortie du secret. Elle est devenue une femme de 64 ans qui aime bricoler, jardiner, faire du vélo et s’occuper de ses petits-enfants. En accompagnant sa transformation, le réalisateur a filmé une famille qui panse ses plaies et réinvente une place pour chacun·e. Cette famille est la sienne, Lilou est son père. C’est le portrait d’un homme qui se travestit, sous le regard de ses enfants, suite à la disparition de la mère. Au cœur du processus, une caméra qui filme le temps qui passe, les témoignages, les étapes aussi, parfois douloureuses. Sans aucun voyeurisme, ce troublant documentaire ressemble à un journal intime. Un décès, un accident, une caméra qui aide à s’assumer. C’est direct, naturel, parfois déconcertant tant la démarche est unique. On y dévoile l’importance de l’entourage, la bienveillance des autres. Mais aussi les doutes, les craintes et les aléas de la vie.
Séance présentée et commentée par Raphaëlle Pireyre
En partenariat avec Arcolan, centre LGBT + Pyrénées Atlantiques – Béarn. Stand informations au Café Méliès

 

Sam. 26 sept 17h : La Gradiva
Marine Atlan
France, Italie – 2026 – 2h25 – avec Antonia Buresi, Julie Sokolowski, Colas Quignardg

Un groupe de lycéens français part en voyage scolaire à Naples pour découvrir les ruines de Pompéi et ses corps pétrifiés par le Vésuve. C’est là que le vertige les saisit brutalement. L’un après l’autre, ils se laissent submerger par le désir et la colère jusqu’à s’y abandonner complètement.  » LA GRADIVA est de ces films qui embarquent et font rejaillir en nous des sentiments bruts et puissants. Marine Atlan parvient à capter la complexité d’une jeunesse à la fois insouciante et accablée par l’incertitude de l’avenir. Elle filme avec sensibilité et sensualité une adolescence en éruption face à l’immobilité éternelle des ruines de Pompéi. La durée du film permet de vivre avec eux, ressentir avec eux, et nous laisser cueillir par des moments de grâce où tout semble possible. Antonia Buresi les enveloppe tant de sa fougue que de sa bienveillance, dans son rôle d’enseignante passionnée mais elle-même perdue dans une époque qui va trop vite. La Gradiva est une œuvre sur le temps qui passe, ces blessures qui, hélas, ne se referment pas toujours ». Laëtitia Scherier – Cinéma Les Lobis, Blois

 

Dim. 27 sept 18h15 : Roma Elastica
Bertrand Mandico
France, Italie – 2026 – 1h47 – avec Marion Cotillard, Noémie Merlant, Martina La Manna

1982. Eddie est une actrice qui a eu son heure de gloire américaine. Accompagnée de Valentina, sa fidèle maquilleuse, elle accepte le rôle principal d’un film de science-fiction tourné à Rome, qui pourrait bien être son ultime film… Marion Cotillard (totalement transformée) incarne une star de cinéma à bout de souffle épaulée par une explosive Noémie Merlant devant la caméra de Bertrand Mandico pour un hommage ébouriffant au Cinecitta des années 80. Comme souvent chez Mandico, les références cinématographiques pleuvent. On y croise les fantômes de Carpenter, de Cocteau et une armée de visions baroques et visuellement impressionnantes. Tournée dans les studios de Cinecittà, entre rêve et fantasme, cette comédie fantastique du réalisateur échappe aux normes et nous transporte dans un monde parallèle où le film-dans-le-film rend hommage à un cinéma en voie de disparition.