Évènement
Vendredi 23 oct 20h30
Présentation et commentaire par Laurent Galinon
JOUR DE FÊTE
France – 1949 – 1h16 – avec Roger Rafal, Jacques Beauvais, Robert Balpo
C’est jour de fête à Sainte-Sévère: les forains débarquent avec des roulottes, un manège et même un cinéma ambulant pour montrer aux villageois impressionnés un documentaire sur les méthodes modernes de la Poste en Amérique. Avec son vieux vélo et sa simple détermination, François le facteur va tout faire pour imiter ses homologues américains. Premier long métrage de Jacques Tati, JOUR DE FETE est un chef d’œuvre incontournable du septième art qui a su renouveler le genre du burlesque dans le paysage cinématographique français. Ce film au rythme trépidant regorge de gags aussi bien visuels que sonores, tous plus hilarants les uns que les autres. Le réalisateur des VACANCES DE MONSIEUR HULOT nous fait ici pénétrer dans son univers personnel empreint de poésie et de réalisme, de logique et d’absurde, teinté ça et là d’un soupçon de nostalgie face à un monde rural aujourd’hui disparu.
Précédé du court métrage Soigne Ton Gauche
Samedi 24 oct 14h
Présentation par Laurent Galinon
LES VACANCES DE MR HULOT
France – 1953 – 1h28 – avec Jacques Tati, Nathalie Pascaud, Micheline Rolla
Dans une station balnéaire de la côte Atlantique, les citadins en vacances reproduisent leurs habitudes de la ville. Monsieur Hulot, personnage naïf et gaffeur, arrivé dans sa vieille voiture pétaradante, bouleverse, sans s’en apercevoir, la quiétude des clients de l’hôtel, en essayant simplement de profiter au maximum de ses vacances. l’acteur-réalisateur capte le charme d’une station balnéaire d’antan. Il élabore un comique d’observation où les bruits sont plus éloquents que les dialogues. Car Tati utilise le son de manière révolutionnaire. Les dialogues ont peu d’importance et sont souvent inaudibles. Ce sont les bruitages (le cliquetis d’une porte, le bruit de la mer, le moteur de la voiture) et la fameuse musique d’Alain Romans qui créent l’ambiance et le rythme comique.
Samedi 24 oct 17h15
Présentation et commentaire par Laurent Galinon
MON ONCLE
Italie, France – 1953 – 1h58 – avec Jacques Tati, Jean-Pierre Zola, Adrienne Servantie
Monsieur et Madame Arpel habitent une maison remarquablement moderne dans un quartier aseptisé. Dans cet univers trop bien agencé, jeu, hasard et humour n’ont aucune place et leur fils Gérard s’y ennuie. Mais voilà que fait irruption son oncle, Monsieur Hulot, le frère de Madame, personnage décalé et inadapté. Sa fantaisie est mal vécue par son entourage, d’autant plus qu’il devient un modèle pour Gérard… Cinq ans après LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT, le cinéaste campe à nouveau le personnage du fantasque M. Hulot et, à travers lui, dénonce avec humour et subtilité les mutations de la société française des Trente Glorieuses, ou plutôt l’usage que certains en font. Avec d’un côté le monde moderne incarné par les Arpel, et de l’autre le monde « ancien » représenté par M. Hulot et son voisinage, MON ONCLE témoigne de la modernité grandissante et de l’artificialité des relations qui en découle, à travers une mise en scène d’une précision quasi géométrique et une utilisation habile du son.
Samedi 24 oct 20h30
Présentation et commentaire
+ extrait du documentaire LES FILMS INACHEVÉS de Laurent Galinon
PLAYTIME
Italie, France – 1967 – 2h04 – vostf – avec Jacques Tati, Barbara Dennek, Jacqueline Lecome
Un groupe de touristes américaines débarque à Paris pour visiter la capitale. Pendant ce temps, M. Hulot se rend dans les bureaux d’une grande entreprise pour y passer un entretien, mais finit par se perdre dans l’immensité du bâtiment. Au gré de ses déambulations et de ses rencontres, M. Hulot va se trouver embarqué dans ce Paris ultramoderne où sa route croisera immanquablement celle des Américaines… Avec ce quatrième long métrage sorti sur les écrans en 1967, Jacques Tati signe son œuvre la plus ambitieuse. Le cinéaste a l’idée de réaliser cette satire joyeuse et incisive dépeignant une société globalisée et superficielle où particularismes culturels et rapports humains se font de plus en plus rares. Pour mener à bien ce projet hors normes, le réalisateur choisit de tourner en 70 mm dans un studio qu’il fait spécialement construire pour ce film, le célèbre « Tativille », reproduisant à merveille l’architecture ultramoderne de la capitale. PLAYTIME est aujourd’hui considéré comme le grand chef-d’œuvre d’avant-garde du maître du burlesque français, loué tant par l’Américain David Lynch que par le Finlandais Aki Kaurismäki.
Dimanche 25 oct 14h
Présentation et commentaire par Laurent Galinon
TRAFIC
France, Italie, Pays-Bas – 1971 – 1h32 – vostf – avec Jacques Tati, Maria Kimberly, François Maisongrosse
Monsieur Hulot, dessinateur d’un camping-car expérimental, accompagne celui-ci sur les autoroutes de France et de Belgique en direction du salon de l’automobile d’Amsterdam où le modèle doit être exposé. Mais entre les nombreuses pannes, les problèmes mécaniques, la fouille à la douane, l’accident, la route est longue et semée d’embûches, qui mettent en péril la réussite commerciale de l’opération, menaçant Hulot et son camping-car de ne pas arriver à temps pour l’ouverture du salon… Tati réagit à l’explosion de l’automobile au tournant des années 1970 et l’essor spectaculaire de ce moyen de transport chez les classes moyennes occidentales. Chez lui, les autoroutes deviennent des jungles modernes où les hommes se transforment en véritables bêtes de foire, enfermés dans leur voiture.
Précédé du court métrage Cours du Soir
Dimanche 25 oct 18h
Présentation par Laurent Galinon
PARADE
Suède, France – 1974 – 1h24 – vostf – avec Jacques Tati, Michèle Brabo, Karl Kossmayer
À travers un spectacle de cirque participatif et délirant, Tati redonne vie à ses célèbres mimes sportifs et assure la transition des numéros de musiciens, jongleurs, magiciens et acrobates, devenant le Monsieur Loyal de Stockholm Circus. Commandé par la télévision suédoise et majoritairement tourné en vidéo, c’est pourtant bien pour la salle que le film Parade a été conçu. Tati passe ainsi le témoin à de nombreux jeunes artistes, auprès desquels il aimait transmettre son expérience. Ce dernier film de Jacques Tati résonne comme un hommage vibrant au spectacle vivant évoquant ses débuts au music-hall.